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INFOLETTRE DE L’APELRRIN – SEMAINE DU 14 AOÛT 2020
 
DÉMONTRER NOTRE ENGAGEMENT ENVERS LA PROTECTION DE NOTRE ENVIRONNEMENT
La santé du lac Raymond
– Article rédigé par : Julien Fortier, Ph.D., chercheur scientifique et membre du CA de l’APELRRIN et Pierre Asselin, président du CA de l’APELRRIN
 
Dans cette rubrique, l’objectif poursuivi est de vous présenter des sujets qui ont un lien direct entre nos actions, nos gestes et leurs impacts sur la protection de notre environnement.
 
 
Encore cette année, plusieurs d’entre vous ont manifesté de l’inquiétude suite à un article paru dans le Journal de Montréal le premier août dernier.
Vous pouvez trouver l’article s’intitulant "L’état des lacs se détériore" au lien suivant. https://www.journaldemontreal.com/2020/08/01/letat-des-lacs-se-deteriore
 
Vous trouverez donc ci-dessous :
  1. L’interprétation par l’APELRRIN des résultats du RSVL pour le lac Raymond;
  2. Ce que fait l’APELRRIN et fera pour la santé du lac Raymond;
  3. Ce que vous pouvez-faire pour améliorer la santé du lac Raymond.
 
Interprétation des résultats du RSVL pour le lac Raymond
 
Dans l’article Le Journal de Montréal soutient que « Plus d’un lac sur quatre analysé l’an dernier par le Réseau de surveillance volontaire des lacs du Québec (RSVL) a vu son état se détériorer ».
Toutefois, cela n’est pas le cas pour le lac Raymond qui, depuis environ 10 ans, se situe dans un état de santé stable. De plus, le lac Raymond n’a jamais eu de bloom de cyanobactéries ni d’envahissement par les plantes aquatiques exotiques comme le myriophylle à épis. Voici, donc les résultats du RSVL pour le lac Raymond.
Rappelons que ce sont les membres bénévoles du CA de l’APELRRIN qui réalisent tous les échantillonnages pour le RSVL ainsi que les analyses d’eau permettant de vous informer, de manière hebdomadaire, sur les niveaux de contamination fécale (concentrations E. coli dans l’eau du lac et de la rivière).
 
Résultat du Réseau de surveillance volontaire des lacs du Québec (RSVL)
 
 
Mise en contexte des résultats physicochimiques du RSVL pour 2019
 
Au lac Raymond, la concentration moyenne de phosphore total trace mesurée en 2019 était de 11 µg/l, ce qui indique que l’eau est légèrement enrichie par cet élément nutritif. Cette variable situe l'état trophique du lac dans la zone de transition Oligo mésotrophe. Ceci est une bonne nouvelle, car c’est l’enrichissement de l’eau en phosphore qui cause souvent les blooms de cyanobactéries.
 
La concentration moyenne de chlorophylle α était de 4 µg/l, ce qui révèle un milieu dont la biomasse d’algues microscopiques en suspension est relativement élevée. Cette variable situe l'état trophique du lac dans la classe mésotrophe. La concentration moyenne de carbone organique dissous était de 4,1 mg/l, ce qui indique que l’eau est plutôt colorée. Cela se reflète par une faible transparence de l’eau (profondeur du disque de Secchi de 2,2 m pour 2019). Cette variable situe l'état trophique du lac dans la zone de transition méso-eutrophe.
 
La faible transparence de l’eau au lac Raymond n’est pas étrangère au fait que ce lac est un élargissement de la rivière. Le lac est donc plus susceptible d’avoir une eau trouble en raison des apports élevés en sédiments et en carbone organique provenant de tout le bassin versant de la rivière du Nord en amont. Comme la rivière transporte beaucoup de sédiments et de carbone organique, surtout après les fortes pluies, cela a des répercussions sur la transparence de l’eau du lac.
 
Principales recommandations ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC)
 
D’après les résultats du RSVL, le lac Raymond situe son état trophique dans la classe mésotrophe, il est donc à un stade intermédiaire d'eutrophisation (état de santé intermédiaire). Afin de ralentir ce processus, le MELCC recommande l'adoption de mesures pour limiter les apports de matières nutritives issues des activités humaines. Cela permettrait de préserver l'état du lac et ses usages.
 
Les coliformes fécaux pour l’été 2020
 
Comme plusieurs l’ont remarqué, on observe souvent, cette année, des concentrations en E. coli qui avoisinent ou dépassent les 200 UFC/100 ml dans la rivière du Nord; seuil en haut duquel la baignade n’est pas recommandée. Cette situation s’explique vraisemblablement par les très faibles volumes d’eau de la rivière au début de l’été. Cela se traduit par un faible pouvoir de dilution de la charge fécale (d’origine animale et humaine) par la rivière.
 
À cela s’ajoute la contamination fécale engendrée par les surverses occasionnelles d’eaux usées provenant des usines municipales de traitement des eaux (Ste-Agathe et Val-David). Les résultats du 3 août dernier, à la sortie de la rivière (juste en amont du lac Raymond) et au parc des Amoureux (Val-David), témoignent de ce phénomène qui touche également la plupart des municipalités du Québec.

Toutefois, pour le lac Raymond, tous les prélèvements, réalisés jusqu’à maintenant, montrent que l’eau est de bonne ou d’excellente qualité pour la baignade, car les concentrations en E. coli ont été inférieures à 100 UFC/100 ml pour l’été 2020. Néanmoins, 48 heures après de fortes pluies, la baignade n’est pas recommandée dans le lac en raison des surverses.
 
 
 
 
Ce que des bénévoles de l'APELRRIN font et feront pour la santé du lac
 
 
  • Suite à la construction de la nouvelle usine d’épuration de la Ville de Sainte-Agathe en 2016-2017, nous suivons de près les surverses en prenant régulièrement des prélèvements pour fin d’analyses afin de nous assurer que les règles du ministère de l’Environnement sont respectées.
  • Des bénévoles de l’APELRRIN font aussi des pressions pour s’assurer que :
            - L’agrandissement et la mise à mise à niveau de la station de traitement des eaux usées de Val-David soit complétée le plus rapidement possible;
            - L’entente entre Val-David et Val-Morin pour l’acheminement des eaux usées de Val-Morin (environ 275 résidences) vers la nouvelle usine d’épuration de Val-David, soit respectée;
            - La mini-usine d’épuration pour traiter les eaux usées du Domaine Val-Morin soit et demeure opérationnelle;
            - La station de lavage des embarcations soit et demeure opérationnelle afin de prévenir l’invasion du myriophylle à épis.
  • Un suivi hebdomadaire de la contamination fécale dans le lac et la rivière (voir les résultats sur le site web https://www.apelrrin.com).
  • Un suivi de la contamination fécale dans les tributaires (Ruisseau Pelland, Doncaster et 4e avenue).
  • Un projet afin de comprendre comment se fait la gestion des barrages en amont du lac Raymond et quels en sont les impacts sur les crues, les étiages et la qualité de l’eau.
  • Un projet afin de mieux encadrer les embarcations de type motomarine à moteur électrique qui peuvent atteindre des vitesses de plus de 50 km/h.
  • De la sensibilisation auprès des membres et de l’ensemble de la population de Val-Morin (par les biais des infolettres).
  • Participation au projet "Adopte un lac" de l'Université de Montréal. Ce projet permettra de déterminer la présence ou non de cyanobactéries et de toxines et de réaliser une analyse physico-chimique (nutriments) ponctuelle du lac.
  • Des projets de recherche sur le reboisement en zone inondable.
  • L’organisation de distributions d’arbres pour les riverains.

Que puis-je faire pour améliorer l’état de santé de mon lac?

Plusieurs petits gestes peuvent être réalisés tant par les riverains que par les non-riverains, notamment:
 
  • Veiller au bon fonctionnement de son installation septique (inspections, entretiens et vidanges fréquents);
  • Ne pas fertiliser la pelouse et les autres aménagements paysagers;
  • Utiliser des savons et des produits ménagers sans phosphate et écologiques (en vente chez la plupart des détaillants de la région);
  • Maintenir un couvert végétal boisé et reboiser les berges et la plaine inondable avec des arbres et des arbustes;
  • Réduire son utilisation d’eau au quotidien afin de préserver l’efficacité de son installation septique;
  • Arrêter de nourrir la faune (canards, outardes, chevreuils).

Pour en savoir davantage sur nos recommandations visant à protéger le lac : https://www.apelrrin.com/recommandations-lac-protection/

Nous sommes tous responsables de la santé du lac et de la rivière!
 
 
 
*Note : Julien Fortier, Ph.D., chercheur scientifique et membre du conseil d'administration de l’APELRRIN et Pierre Asselin, président du conseil d'administration de l’APELRRIN.
 
CES OISEAUX AU CŒUR DE NOTRE ENVIRONNEMENT
 
- Collaboration spéciale : Jean-Pierre Fabien*
 
 
Le chant de la Grive fauve – Catharus fuscescens
 
 
Il y a de ces oiseaux qui chantent si bien que vous aimeriez qu’ils soient toujours près de chez vous. C’est le cas des grives, des oiseaux de la famille du merle, les Turdidés.
 
 
 
Chez la grive, les deux sexes sont semblables.
 
 
L’hiver au Brésil
Dès le mois de mai, la Grive fauve retrouve son habitat de prédilection, les bois de feuillus ou mixtes souvent proches des rivières et des lacs. Cet oiseau mesure 18 cm et possède un plumage brun-roux de la tête à la queue. De toutes nos grives indigènes, c’est celle qui arbore le moins de taches sur la gorge et la poitrine. Ces taches sont diffuses et moins apparentes. Cet oiseau est un migrateur néo-tropical. Vers la fin de septembre ou en octobre, il commencera son périple qui l’emmènera au centre du Brésil.
 
 
Bec effilé
La forme effilée de son bec nous indique ce que la Grive fauve mange. Elle se nourrit au sol d’insectes, d’araignées et d’escargots. Après la nidification, elle se délectera de fruits divers et de graines. La Grive fauve niche au sol ou à moins d’un mètre de celui-ci. Son nid en forme de coupe est tapissé de feuilles mortes, d’écorce, de tiges séchées et de mousse. Quatre œufs sont pondus et couvés par la femelle. Le mâle et la femelle s’occuperont de nourrir les jeunes lorsque ces derniers naîtront, 10 à 12 jours après le début de l’incubation.
 
Un chant sublime
Le chant de la Grive fauve est l’une des plus pures beautés du monde animal. Son chant se décline en cascades de notes. C’est une musique flûtée qui se traduirait par : vir vir vir virrr, imitant ainsi le nom anglais de l’oiseau Veery. On dirait même que le chant est bitonal, comme si plus d’un son était émis à la fois… Son cri est aussi distinctif. On dirait un virrr plutôt doux et descendant.

Où que je sois
Lorsque je pars en excursion ornithologique, je suis concentré sur les voix de la nature présentes tout autour. Que ce soit dans les Laurentides ou ailleurs, la Grive fauve demeure pour moi un oiseau intrigant, aux accents éthérés et à la discrétion exemplaire. De l’entendre me rend toujours heureux. Si par un hasard inespéré je l’observe, me voilà en tous points comblé.
 
 
 
*Note : Jean-Pierre Fabien est un retraité de l’enseignement depuis 2015. Il a enseigné l’écologie au Collège de l’Assomption pendant 25 ans et a aussi occupé un poste de coordonnateur du Programme d’éducation internationale au secondaire. Il a terminé sa carrière comme professionnel à la SÉBIQ venant en aide aux écoles offrant un programme d’éducation internationale au Québec comme ailleurs.

Il est actuellement journaliste bénévole au journal communautaire Le Sentier, un mensuel couvrant les nouvelles de Saint-Hippolyte. Depuis 1989, il tient une chronique sur la faune et la flore dans ce journal. Il anime des ateliers d’écriture nommés Les P’tites plumes pour les jeunes du primaire dans les deux écoles de Saint-Hippolyte.
 
Enfin, il a cofondé un club d’ornithologie en 1990, le CORDEM (Club d’ornithologie de la région des Moulins), et continue d’observer les composantes de la nature avec intérêt et émerveillement.

Vous souhaiteriez acheminer une question portant sur les oiseaux à notre expert, voici son courriel: jpfab@bell.net
 
 
 
N'hésitez pas à communiquer avec nous, nos coordonnées se trouvent ci-dessous.
 
 
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